Bilans nutritionnels dans le surpoids

La nécessité d’une vision globale pour perdre du poids

Le sujet du poids est bien plus complexe que la simple gestion des macronutriments (glucides, lipides, protéines), ainsi qu’on veut parfois nous faire croire. Le poids est une problématique qui demande une vision globale de la santé. Il faut d’ailleurs savoir que les régimes « simplistes » ont souvent des conséquences métaboliques très néfastes et conduisent rarement à une perte de poids durable (comme par exemple les diètes hyper protéinées). La démarche de la micronutrition qui est plurielle, tient compte des découvertes récentes des sciences de la santé et elle va permettre d’obtenir de très bons résultats dans la prise en charge du poids. Plusieurs axes ou piliers de la santé vont être explorés et corrigés. maigrir

Donnons quelques pistes (qui sont évidemment simplifiées dans le cadre d’un article de blog ) qui ont pour but essentiel de montrer l’état d’esprit « global » et la « démarche d’investigation » qui anime l’approche de la micronutrition avec des analyses nutritionnelles. Pour en savoir plus sur le sujet du poids je vous conseille l’excellent ouvrage « Les erreurs qui vous empêchent de maigrir » réalisé par un collectif de micronutritionniste.

 

Le microbiote intestinal

C’est une chose de plus en plus connue. Un des premiers axes ou piliers à corriger dans le cadre du surpoids sont les fonctions intestinales et le microbiote ! Pourquoi ? Quels mystérieux liens physiologiques et biochimiques relient l’intestin et le stockage du gras (et donc à la prise de poids) ? Suivez le raisonnement …

Le raisonnement: Il a été mis en évidence une fréquente perturbation du microbiote dans le cas du surpoids. Ces perturbations et d’autres désordres intestinaux peuvent être à l’origine d’un intestin dit « perméable » (« leaky gut » en anglais). Cet intestin poreux, véritable « passoire », va laisser passer dans le corps des substances étrangères (antigéniques) à l’origine d’une inflammation chronique (dites inflammation de « bas grade »). Or, il est démontré que cet état inflammatoire chronique va conduire à que l’on appelle une résistance à l’insuline (sous « l’ordre » de l’insuline, le glucose a du mal à rentrer dans les cellules: ces dernières font de la « résistance »!!). L’insuline va donc avoir tendance à augmenter dans le sang (pour se faire davantage « entendre » par les cellules résistantes). On parle alors d’hyperinsulinisme. Le soucis est qu’une des fonctions de cette hormone est le stockage du gras !  CQFD! Si cette hormone augmente ….l’aiguille de la balance suit le mouvement ! Trop d’insuline est toujours mauvais dans le cadre d’une volonté de perte de poids. On fera la chasse donc également aux aliments dit à fort index glycémiques (qui augmentent brutalement la glycémie ce qui majore le taux d’insuline).

Le bilan de biologie nutritionnelle et fonctionnelle

inflamOn peut révéler l’apparition d’une inflammation chronique avec un test dit de CRP ultra sensible. On pourra aussi mettre en évidence une résistance à l’insuline par un test appelé Index Homa. Enfin la porosité intestinale pourra, elle aussi, être objectivée (biomarqueur LBP, Zonuline, …)

Il est aussi possible de réaliser un bilan appelé DMI (Dysbiose/Mycose/Intestinal) qui va faire apparaître une éventuelle dysbiose (perturbation du microbiote).DMI fermentation

Ci-dessus mise en évidence de bactéries de fermentation (à l’origine de ballonnement, gaz, inconfort intestinal, …) et d’une dysbiose.

Les acides gras polyinsaturés

L’axe ou pilier des acides gras sera aussi sans doute à corriger dans le cadre d’une prise de surpoids.

Le raisonnement: il a été montré que les taux d’acides gras polyinsaturées jouaient un rôle dans le surpoids et notamment  un rapport Oméga 6/Oméga 3 trop élevé va favoriser la prise de poids. Les Omégas 6 en effet favorisent la lipogenèse (synthèse de gras). L’augmentation de ce rapport va aussi dans le sens de nous rendre hyper réactif à l’inflammation (nous sommes devenus avec l’alimentation moderne des « hyperactifs inflammatoires » !). Or, nous venons de voir quelques lignes plus haut, que inflammation favorise la  prise de poids.

acide gras bip

Le bilan de biologie nutritionnelle et fonctionnelle: une analyse détaillée des acides gras des cellules (reflétés indirectement par l’analyses des acides gras des globules rouges) est le bilan de micronutrition de base. Dans bien des cas il est perturbé car notre alimentation est totalement dérégulée par rapport à cette fondation de la santé.

Dans le cadre du surpoids ce bilan nous aidera à optimiser les prises de lipides afin de contrôler inflammation et lipogenèse. Pour en savoir plus voir l’article du blog « Oméga 3 fois mieux ».  

La détoxification hépatique

Une autre axe ou pilier ne devra pas être négligé. On accompagnera toujours une démarche de perte de poids par un soutien de la fonction de détoxification hépatique.

Le raisonnement: En effet, la plupart des toxines de notre alimentation et de notre environnement possèdent la même caractéristique biochimique: elles sont lipophiles (elles aiment le gras) et vont donc se stocker dans le tissu adipeux. La « fonte » de ce tissu adipeux et la perte de poids va conduire à un « relargage de toxines » qui peut amener un mal être général. Les toxines vont en effet se loger dans le tissu nerveux très riche en gras. Ainsi, ce « relargage » n’aidera pas la poursuite des efforts pour la perte de poids puisqu’il pourra favoriser des envies de compenser, du grignotage, pour calmer le mal être… (ce « relargage » et mal être ressemble à ce que l’on peut observer dans un jeune, soit pour une personne mal préparée, soit pour une personne très « intoxiquée »)

Le bilan de biologie nutritionnelle et fonctionnelle: les capacités de détox hépatique peuvent s’évaluer en regardant différents composés. Parmi les principaux: défenses anti oxydantes, car la détox génère un important stress oxydant (coenzymes Q, Glutathion,  SOD, GPD, vitamines A, E …), minéraux participants en tant que co-facteurs aux défenses anti oxydantes ou à la biochimie de la détox  (Cuivre, Manganèse, Fer, Sélénium), vitamines pour la détox via la méthylation (B12, B6, B9,…), etc …

La prise en charge nutritionnelle et de complémentation

Suite à ce bilan global (qui a été ici volontairement très simplifié) outre les conseils nutritionnels fondamentaux (apport d’huiles alimentaires précises, consommation d’aliments riches en graisses polyinsaturées, fibres dans la ration, consommation d’aliments à faible index glycémique, aliments détox …) , la correction  micronutritionnelle va donc sans doute viser à restaurer la barrière intestinale (apport de compléments spécifiques), rééquilibrer le microbiote (probiotiques, prébiotiques, …), moduler l’inflammation, sans oublier la partie détox…et bien d’autres choses!

Retrouvez moi sur un groupe Facebook dédié aux analyses nutritionnelles en Naturopathie.

biologie nutri

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