La CRPus, un examen de base en micronutrition

Biomarqueur d’inflammation

L’inflammation serait sans doute sur le banc des accusés s’il fallait désigner le principal coupable des souffrances et maladies chroniques actuelles. On le rend responsable de bien des maux. Et bien souvent à raison!  La micronutrition dispose d’options très intéressantes pour contrôler l’inflammation. J’ai abordé ce sujet dans un article de base auquel le lecteur peut se reporter. Notre propos ici est d’aborder l’exploration fonctionnelle de l’inflammation sous l’angle de son principal biomarqueur, la protéine C réactive alias CRP !

Qu’est ce que la CRP ?

Avant de répondre à cette question, précisons un peu ce qu’est l’inflammation d’un point de vue physiologique. L’inflammation est un mécanisme de défense de notre organisme. Il s’agit d’une mobilisation de ressources face à une situation d’agression. Aussi étrange que cela puisse paraître, le foie est un des principaux QG lorsqu’une « guerre inflammatoire » est déclarée. Vous avez bien lu… le foie, celui que l’on imagine surtout lié à la digestion et à la détox joue un rôle clef dans l’inflammation. Il va en effet participer grandement à « l’effort de guerre » en produisant une série de protéines dites « protéines de l’inflammation »: haptoglobine, Alpha 1 antitrypsine, fibrinogène, CRP …    Nous avons tous appris que pendant le conflit 14-18,  les productions de nombreuses usines étaient déviées vers la machinerie de guerre. Suivant le même principe notre corps « mobilise » notre foie. En temps  de « guerre inflammatoire », le foie produit des nouvelles ressources qu’il met à notre disposition. La protéine CRP fait partie de ces « productions de guerre ». En cas d’infections bactériennes, de maladies inflammatoires (RCH, maladie de Crohn, PR,…) d’infections fongiques, … beaucoup de protéines inflammatoires sont augmentées fortement et notamment la CRP. Le dosage de ce biomarqueur est dans ces contextes demandé par le médecin. Il lui permet par exemple de suivre l’évolution de complications post opératoires ou bien l’évolution de traitements puissants proposés dans le contrôle de pathologies inflammatoires. En micronutrition, nous allons avoir une utilisation très différente de la CRP.

La CRP ultra sensible ou CRPus

Le médecin s’occupe de « guerres inflammatoires » très sévères, violentes, voire explosives, qui demandent un « effort de guerre » massif , et donc il recherche des taux de CRP très élevées. En micronutrition, les « guerres inflammatoires » dont on va s’occuper font plutôt penser à des conflits longs, avec une tension permanente. On pense par exemple à des sièges militaires. L’ennemi est là en permanence et on vit avec. Dans ce type de situation l’effort de guerre est soutenu, il s’inscrit dans la durée. Les quantités de protéines inflammatoires produites par le foie et notamment la CRP  sont beaucoup plus faibles, mais continues, chroniques. Voilà que le grand mot est lâché! Chronique! En effet, il s’agit de faible production de protéines inflammatoires dans des contextes de maladies chroniques. Les taux de CRP sont dans ces cas là très faibles. On utilise alors une technique de dosage de la CRP qui va révéler des taux plus faibles de cette protéine. On parle de dosage de la CRP ultra sensible, abrégé CRPus. Pour être exact il faudrait plutôt dit « dosage ultra sensible de la CRP ». En effet, ce n’est pas la CRP qui est ultra sensible! C’est le dosage! Cette CRPus permet donc au micronutritioniste de révéler des taux très faibles d’inflammation. Mais taux faible ne veut pas dire absence de danger ! On parle d’inflammation de « bas grade », ou d’inflammation chronique, ou d’inflammation systémique ou d’inflammation à « bas bruit »… Tous ces termes veulent plus ou moins dire la même chose. Le terme « bas bruit » est parlant dans notre contexte d’analogie guerrière. Il signifie que la guerre n’est pas explosive, bruyante… mais tout se passe comme si il y avait un bruit de fond permanent.

CRPus, pour qui, pour quoi ?

Dans quelle situation va-t-on s’intéresser à cette inflammation de bas grade ? Dans quelle situation va-t-on demander une CRPus ?  Chaque fois qu’il y a suspicion de terrain inflammatoire chronique: tous les problèmes intestinaux chroniques , tous les tableaux d’infections chroniques (sinusite, cystite, otite, ..), toutes pathologies inflammatoires (eczéma atopique, asthme, …), les troubles auto immun, les problèmes cardiovasculaires,  le surpoids, le diabète, les cancers, … Ce biomarqueur permet d’objectiver, de révéler la présence de l’inflammation à bas bruit. Ce qui a plusieurs intérêts majeurs. En effet, en fonction des résultats on peut moduler « l’intensité » de la prise en charge, on peut également suivre la réponse (diminution de l’inflammation) après quelques semaines,  etc. Mais également cela apporte une chose essentielle. inflamIl nous permet de motiver la personne qui consulte à suivre rigoureusement les recommandations en terme alimentation et complémentation anti inflammatoire. En effet, le terme inflammation est tellement utilisé à toutes les sauces que les gens ont tendance à le décrédibiliser. Ma femme, qui est ostéopathe, me rapporte qu’au moindre mal de dos les gens lui disent : « c’est de l’inflammation » ! Du coup, lorsqu’en micronutrition je dis aux gens, « vous avez de l’inflammation, il faut s’en occuper », l’oreille n’est pas forcément très attentive! Ils me répondent : « De l’inflammation tout le monde en a un peu n’est-ce pas ?! » Tout est différent lorsque le dosage est là sous leurs yeux. Je vois l’attitude des gens se transformer ! Un biomarqueur change tout ! Il n’y a qu’à observer l’attitude des gens vis-à-vis de leur dosage de cholestérol! Un simple chiffre motive des changements de comportement. Il personnalise le problème ! Avec la CRPus on voit l’inflammation chronique ! Elle n’est plus abstraite ! Et mon rôle en micronutrition est de bien expliquer que tout le monde n’en a pas !! Que le dosage de la CRPus pour beaucoup de gens ne révèle rien d’anormal (proche de 0).

Petite information très utile à savoir (qui m’a été donné par un médecin biologiste) . De plus en plus de laboratoires d’analyses utilisent des réactifs pour CRPus même quand les médecins écrivent sur l’ordonnance « CRP ». Et ils ne le spécifient pas dans leur compte rendu de résultats. Ce qui signifie que lorsque vous avez par exemple un résultat « CRP 0,6 mg/L »  … vous avez en réalité eu un dosage de CRPus. Car les réactifs de CRP n’arrivent pas à doser en dessous de quelques mg/L (entre 1 et 5 suivant le réactif).  Voilà qui est bon à savoir pour repérer une présence d’inflammation chronique dans vos analyses même lorsqu’elles ne sont pas demandées dans ce but.

 

 

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