Compléments alimentaires et biologies nutritionnelles

Compléments alimentaires et biologies nutritionnelles

La complémentation est aujourd’hui indispensable

Les Français consomment de plus en plus de compléments alimentaires. C’est une bonne chose, car d’une part, une bonne partie de l’alimentation moderne est de plus en plus carencée en une multitude de nutriments essentiels nécessitant donc un apport complémentaire. Et d’autre part, certains bons produits « naturels » deviennent dangereux à la consommation: pour exemple les poissons gras  qui ne peuvent plus être consommés régulièrement sous peine d’une intoxication chronique aux métaux lourds, situation justifiant parfois une prise de compléments d’huile de poisson (purifiée des polluants et métaux lourds bien entendu).  

Il existe un débat important aujourd’hui sur l’intérêt de prendre des compléments alimentaires. La question débattue est la suivante : est-ce qu’il y a des preuves des bénéfices pour la santé ?  Contrairement à ce que l’on essaie régulièrement de nous faire croire dans les médias grand public, beaucoup de compléments alimentaires bénéficient de solides « preuves » d’efficacité (vous pouvez trouver mes milliers de références à ce sujet dans l’excellent livre de Brigitte Karleskind – Guide pratique des compléments alimentaires ). L’objectif de cet article n’est pas de rentrer dans cette polémique, il vise plutôt  à s’élever au-dessus du pour ou du contre. Prenons la voie du milieu, bien souvent, voie de la sagesse !

Le message détournée de l’étude SU.VI.MAX

SUVIMAX

Vis-à-vis de la consommation de compléments alimentaires, il semble exister de la part des instances de santé publique au mieux une absence de soutien, au pire des critiques.  Attitude étrange ! Car en effet il faut se rappeler que la très célèbre étude SU.VI.MAX menée par l’INSERM entre 1994 et 2002 auprès de 13000 personnes, a démontré, du moins chez les hommes, l’intérêt majeur d’une SUpplémentation en Anti Oxydant : précisément une diminution de 31% du risque de cancer chez les hommes. Mais, bien loin de déboucher sur des recommandations de complémentation,  cette étude a débouché sur le célèbre message « 5 fruits et légumes par jour » !  Pourquoi le message de santé publique n’a-t-il pas été : « complémentez-vous en antioxydant » ? La réponse est  complexe, mais une des raisons provient sans doute de la conception que l’on a  de la complémentation alimentaire. En effet, prendre des compléments alimentaires est perçu comme une pratique un peu « sauvage », proche de l’automédication. Il est apparu donc plus évident pour les pouvoirs publics d’encourager le « bien manger » (« 5 fruits et légumes pas jour »), plutôt que cette démarche de complémentation floue, imprécise, hasardeuse… Ce qu’il faut remettre en question ce n’est pas la priorité donnée au message nutritionnel. En effet, on ne  répète jamais assez, une nutrition correcte est la base de la santé. La complémentation venant comme son nom l’indique « en complément » de cette base… Ce qu’il faut remettre en question c’est la conception et la pratique « à l’aveugle » de la complémentation. Il faut complémenter de manière raisonnée, aidée en cela par des biologies nutritionnelles. Voyons plusieurs exemples qui montrent l’intérêt fondamental d’une « complémentation éclairée ».

L’intérêt des biologies nutritionnelles pour une juste complémentation : 3 exemples

L’intérêt de bilan des acides gras polyinsaturés

Prenons l’exemple (inspiré de faits réels) de Madame X  qui connait parfaitement les règles du bien manger selon la naturopathie à propos des acides gras. Elle sait que pour fournir à son corps les bons acides gras essentiels, il faut consommer quotidiennement des huiles végétales riches notamment en Oméga 3 (je caricature bien sûr pour la digestion de l’article !) mais aussi des petits poissons gras. Comme elle veut éviter de trop consommer des poissons gras (chargés en métaux lourds) elle prend des compléments alimentaires d’huile de poisson. 

Consultant pour un problème de santé, son praticien en santé fonctionnelle lui fait un check up nutritionnel complet et, surprise ( !), le bilan des acides gras révèle que son corps est largement carencé !! Situation à priori incompréhensible. En cherchant la cause de cette carence, il s’avère que cette Madame X digère mal les graisses (dysfonction pancréatique) et qu’ainsi les bons lipides qu’elle consomme quotidiennement finissent donc… dans ses toilettes. Madame X dit d’ailleurs qu’elle à des selles grasses ! CQFD !! Sans ce bilan nutritionnel, elle aurait pu continuer des années cette complémentation inutile, car son défaut d’absorption des graisses n’aurait pas été décelé. Avec des conséquences pour sa santé (les acides gras essentiels sont… véritablement essentiels pour notre physiologie), mais aussi pour son porte-monnaie !! (les bons oméga 3 cela a cout ! fuyez ceux les oméga 3 au rabais des grandes surfaces- petite vidéo pour illustrer ce propos).  Ces bilans nutritionnels ont un coût, mais ils permettent au final des économies importantes. Fini la complémentation à l’aveugle !

L’intérêt des bilans du microbiote 

Un autre exemple. La candidose est une infection intestinale certes fréquente. Cependant, beaucoup de professionnels du soin (naturopathes, micronutrionniste, …) ont tendance, à mon sens, à penser trop souvent et trop facilement candidose sur différents tableaux cliniques !  Or, le régime alimentaire qui permet de se débarrasser de cette levure pathogène est lourd, avec notamment une éviction complète de toute forme des sucres et des féculents raffinés. À cela s’ajoutent des prises de compléments alimentaires (huiles essentielles et phytothérapie à activité antifongique). Avant de s’engager dans ce type de prise en charge, il semble pertinent d’investiguer l’état de l’ensemble du microbiote intestinal, sous forme d’analyses appelées suivant les laboratoires, DMI (Dysbiose Mycose Intestinale) ou MOU (Métabolites Organiques Urinaires). Ces analyses vont permettre de révéler la présence (ou pas) de candida ou d’autres types d’infection (dysbiose fermentation, putréfaction).   Si la candidose n’est pas mise en évidence, on s’épargne non seulement une prise en charge compliquée (et chère) mais surtout on va cibler la bonne problématique de dysbiose. D’autre part, si la candidose est mise en évidence, le fait de voir concrètement cette présence de levure (voir par exemple un bilan ci-dessous) est une source de motivation importante pour tenir les objectifs nutritionnels et de complémentation. Dans les deux cas, on est gagnant ! 

Mise en évidence de Candidose

DMI fongique

L’intérêt des bilans « défenses antiantioxydantes et stress oxydatif »

On l’a dit plus haut, l’étude SU.VI.MAX qui comprenait une supplémentation en antioxydant, a montré l’intérêt des complètements pour la santé. Mais faut-il pour autant par exemple que tout le monde prenne des antioxydants ? Et bien non ! Au lieu d’encourager cette prise systématique (ou à l’opposé de nier l’intérêt d’une prise de compléments), il vaut mieux encourager un bilan biologique nutritionnel pour évaluer à la fois l’état de nos défenses antioxydantes et l’état du stress oxydatif dans notre corps. Avec la question suivante: suis-je à risque de développer des effets négatifs d’un stress oxydant: inflammations, altération de la détox, vieillissement tissulaire accéléré, attaque des vaisseaux (avec risques cardiovasculaires augmentés), majoration du risque de cancer, etc. ?  Ce bilan du stress oxydatif débouchera ou non sur l’intérêt d’une prise de compléments alimentaires antioxydants (et d’une nutrition adaptée). Et si la nécessité de complémentation s’impose, le bilan permettra aussi d’adapter la nature (Sélénium ? Coenzyme Q10 ? Polyphénol ? Vitamines E, Vitamine A,  Glutathion …)  et la dose de la complémentation. On aboutit ainsi à un ciblage de la complémentation pour une bien plus forte efficacité et des économies de dépense liées à une complémentation « à l’aveugle ».

En matière de compléments alimentaires, il est donc important de ne pas encourager d’attitude dualiste. Les positions, « les compléments n’ont pas de bénéfices santé » ou « les compléments c’est bon pour tout le monde », sont toutes deux délétères. Dans la démarche de santé fonctionnelle, on utilise la biologie nutritionnelle qui permet de prendre la juste attitude entre ces deux extrêmes. Les compléments peuvent apporter un grand bénéfice santé (et ceci est très largement prouvé), mais il faut cibler précisément ceux qui en ont besoin.

Bruno Mairet, Ingénieur en Biochimie, consultant et formateur en Santé Fonctionnelle
Objectifs pédagogiques :
  •  Bien connaitre les principales analyses nutritionnelles et fonctionnelles de l’intestin
  • Avoir une vue d’ensemble sur toutes les autres analyses du microbiote et de l’intestin
  • Apporter des repères pratiques pour se lancer dans la réalisation de ces analyses
  •  Indications, interprétation et place dans la consultation
Objectifs pédagogiques :
  • Apprendre le raisonnement en biologie fonctionnelle face à la problématique inflammatoire
  • Bien connaitre les principales analyses nutritionnelles et fonctionnelles de l’inflammation et de ces conséquences
  • Apporter des repères pratiques pour se lancer dans la réalisation de ces analyses
  • Indications, interprétation et place de ces analyses dans la consultation

Retrouvez-moi sur un groupe Facebook dédié aux analyses nutritionnelles en Naturopathie

Une réponse à « Compléments alimentaires et biologies nutritionnelles »

  1. […] c’est ce qui arrive au niveau de nos cellules! J’ai montré dans l’article Compléments alimentaires et biologies nutritionnelles qu’il est courant qu’une l’assiette soit parfaite (une personne peut manger […]

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