Axe immunité

L’intestin, 1er organe immunitaire !

defense-1403072_1920L’intestin, le microbiote et l’immunité sont sans doute les piliers de santé les plus complexes. Ils sont d’ailleurs très liés entre eux. Il faut savoir que 80% des cellules immunitaires du corps humain sont concentrées au niveau de la barrière intestinale. Tout le monde parle de « l’intestin 2ème cerveau », mais il faudrait rajouter: « intestin, 1er organe de l’immunité »: c’est un aspect moins connu. C’est en effet, une zone à grande vulnérabilité: il faut protéger l’intégrité de l’organisme de l’entrée de pathogènes. Mais c’est aussi une zone de reconnaissance et d’apprentissage pour les cellules immunitaires. C’est ici, au niveau intestinale, que ces dernières apprennent à reconnaître les pathogènes présents au niveau des muqueuses. Des cellules précises au niveau de la muqueuse intestinale vont éduquer des cellules du systèmes immunitaires (des cellules productrices d’IgA , les anticorps des muqueuses). Cette « éducation » du système immunitaire au niveau de la muqueuse intestinale va servir pour toutes les muqueuses. C’est pour cette raisons que les naturopathes disent souvent que les infections respiratoires, gynécologiques ou urinaires trouvent leurs sources au niveau de l’intestin. On en revient donc toujours à la muqueuse intestinale: c’est là que ce trouve l’origine, bien souvent, d’une bonne ou d’une mauvaise immunité ! Ainsi, un « intestin qui fuit » (on appelle cela un « leaky gut »), une dysbiose (microbiote altéré) va être pourvoyeur d’infection. De là découle, la 1er mesure contre des infections hivernales: augmenter la qualité nutritionnelle de nos intestins (prébiotiques, probiotiques, …) !! Les repas trop riches, trop gras, trop sucrés pendant les fêtes de fin d’année sont donc tout ce qu’il faut pour …tomber malade en Janvier/Février !

Les maladies auto immunes

Le leaky gut et le déséquilibre microbiotique jouent également un rôle essentiel dans un grand nombre de pathologies chroniques et notamment les maladies dites auto immunes (qui impliquent le système immunitaire comme leur nom l’indique). L’auto immunité est un phénomène très complexe. On peut cependant le simplifier à ces mécanismes fondamentaux. Pour que l’auto immunité se développe il faut plusieurs facteurs: premièrement une vulnérabilité génétique individuelle (ce que l’on appelle un polymorphisme génétique). Ensuite il faut qu’il y ait une rencontre entre notre système immunitaire et un élément du non-soi (motif antigénique bactérien ou alimentaire qui ne fait pas parti de notre « identité moléculaire »).microbiote-internet-CHU-Liege-belgique - Copie Cette « rencontre »  va initier le processus auto immun.  Or, ce qui est important et essentiel de retenir c’est que cette rencontre semble se faire souvent à la faveur d’une barrière intestinale altérée. L’auto immunité est la cause sous jacente de plus de 80 maladies chroniques qui touchent 20% de la population des pays industrialisée. C’est dire combien notre intestin souffre !! Le mécanisme qui enclenche l’auto immunité à en partie une origine intestinale, mais par contre les phénomènes de poussées inflammatoires des maladies auto-immunes renvoient en priorité au rapport Oméga6/Oméga (voir la partie sur l’inflammation). Ainsi, barrière intestinale optimisée et climat inflammatoire tempéré représente déjà une régulation importante à opérer dans ces contextes pathologiques. C’est l’objectif de la micronutrition.

Les allergies.

Autre contexte dans lequel l’immunité se dérégule: les allergies. Les contextes d’allergies sont multiples et aussi fort complexe. L’allergie est une maladie du système immunitaire dans le sens ou ce dernier répond anormalement à un ennemi qui n’en est pas véritable un (par exemple, la cacahuète est prise pour un ennemi mortel !). Parlons d’une des formes d’allergies les plus médiatisée actuellement: les « allergies » alimentaires. Certaines de ces allergies alimentaires sont impliquées dans diverses pathologies à caractère inflammatoire: hypersensibilité au gluten, migraine, polyarthrite rhumatoïdes, asthme,  … D’un point de vue technique (plus précisément d’un point de vue biochimique), ce sont des allergies qui déclenchent le production d’IgG et non d’IgE: on parle d’hypersensibilité de type III.

IGG alimentDe la même manière que dans l’auto immunité, l‘augmentation de la perméabilité intestinale (leaky gut) est souvent un préalable au déclenchement de ce type d’allergies alimentaires. Des biologies peuvent rechercher la présence et l’élévation anormale d’IgG alimentaires.  Attention cependant: il existe des tests recherchant la présence de plus de 250 allergènes alimentaires ! Imaginons qu’une personne fasse ces tests et que 50 d’aliments soient identifiés comme allergènes (présence d’IgG). Faudra-t-il que cette personne exclue ces 50 aliments de son alimentation ?! Les « régimes d’exclusion » qui résultent de ce type de résultats deviennent aberrants et peuvent être cause de frustration, complication de la vie quotidienne et sociale, dénutrition et carences alimentaires …  Bref, on comprend que certains médecins soient pour le moins agacés quand ils découvrent ces régimes aberrants mis en place à la suite de dosage d’IgG alimentaires!

Pour éviter ces dérives, on pratiquera de manière raisonnée la recherche de  quelques d’IgG alimentaires parmi les plus fréquentes. Ainsi la présence d’IgG anti gluten (blé) ou anti ovalbumine (œuf), ou anti caséine (lait) sur un bilan pourra amener à une éviction ciblée et personnalisée. En cas malgré tout de présence d’IgG anti aliments multiples, au lieu d’évictions importantes, on pourra explorer 3 pistes: une insuffisance de mastication (conduisant à présence majorée de potentiels allergènes protéiques dans l’intestin), un contexte de digestion difficile (prises alimentaires trop rapides, stress, indigestion, conduisant aussi à une forte charge allergène) ou un leaky gut (les protéines allergènes franchissent la barrière intestinale et se retrouvent dans le corps ). C’est sur un (ou plusieurs!) de ces trois facteurs que se porteront les conseils nutritionnels.

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